On Reproche Souvent Aux Jeunes D%27%c3%aatre Id%c3%a9aliste R%c3%aaveurs Et Aventuriers Work -

À l’époque de nos parents, la promesse était : "Sois sage, reste au même endroit, obéis, et on te garantit une retraite." Ce contrat social a volé en éclats avec les crises successives. Les jeunes ont compris que la sécurité absolue n’existe plus. Face à ce constat, deux options sont possibles : la paralysie par la peur, ou l’aventure apprivoisée.

On leur reproche un manque de stabilité, une fuite en avant, une incapacité à "se poser". Mais le regard est biaisé.

Le jeune aventurier d’aujourd’hui ne fuit pas les responsabilités ; il les anticipe. En changeant de métier, de pays, de compétences, il se construit une résilience que le stable sédentaire n’aura jamais. Il apprend à s’adapter, à rebondir, à convertir l’incertitude en opportunité. Loin d’être un handicap, cet esprit d’aventure est la soft power la plus précieuse du 21e siècle. Pour être honnête, pourquoi les adultes reprochent-ils si violemment ces trois traits ? Parce qu’ils leur renvoient un miroir gênant. L’idéalisme rappelle qu’ils ont peut-être fait trop de compromis. Le rêve leur montre qu’ils ont tué leur créativité au nom de la rentabilité. L’aventure leur souffle qu’ils ont troqué la liberté contre une illusion de sécurité. À l’époque de nos parents, la promesse était

Chaque grande avancée sociale ou technologique est née d’une idée jugée "irréaliste" en son temps. Victor Hugo, dans son discours "La misère", était idéaliste quand il proposait l’éducation gratuite pour tous. Simone Veil était idéaliste quand elle défendait la loi sur l’IVG face à une assemblée d’hommes hostiles. Greta Thunberg est jugée idéaliste aujourd’hui pour avoir osé lier économie et survie planétaire.

L’idéalisme des jeunes n’est pas un refus de voir la réalité ; c’est une révolte contre son injustice. Contrairement aux adultes, qui finissent souvent par accepter les dysfonctionnements par lassitude ou réalisme pragmatique, les jeunes possèdent cette indignation fraîche. Ils refusent le monde "tel qu’il est" pour imaginer "tel qu’il pourrait être". Ce faisant, ils déplacent la ligne du possible. L’idéalisme est le carburant des révolutions silencieuses et des start-ups qui changent nos usages. Sans lui, nous vivrions encore dans des cavernes, persuadés que le feu est un danger trop risqué. Le deuxième grief est plus sournois : on reproche aux jeunes d’être "rêveurs". Dans une société obsédée par la productivité, le KPI (indicateur clé de performance) et le "retour sur investissement", le rêve est perçu comme une perte de temps, une forme de paresse intellectuelle. On leur reproche un manque de stabilité, une

"On reproche souvent aux jeunes d'être idéalistes, rêveurs et aventuriers." Cette phrase, entendue dans presque chaque génération depuis que l’humanité tient des chroniques, semble être le refrain éternel des aînés envers ceux qui prennent la relève. Dans les conseils d’administration, les dîners de famille ou les éditoriaux, le même leitmotiv revient : "Ils manquent de réalisme", "Ils vivent dans un monde imaginaire", "Ils veulent tout, tout de suite, mais sans la sécurité."

Le reproche n’est donc pas un simple conseil pédagogique. C’est souvent une projection. "Arrête d’être idéaliste" signifie parfois "Je regrette de ne plus l’être". "Ne rêve pas trop" signifie "Je ne crois plus en mes propres rêves". Alors, faut-il vraiment demander aux jeunes d’abandonner leur idéalisme, leurs rêves et leur goût de l’aventure ? Absolument pas. Il faut au contraire les en remercier, les protéger et les encourager. En changeant de métier, de pays, de compétences,

Le rêve n’est pas l’opposé de l’action ; il en est la phase préparatoire. Quand un jeune passe des heures à imaginer un jeu vidéo, une application, un roman, un projet associatif ou un modèle économique alternatif, il ne "perd pas son temps". Il construit dans l’abstrait les cathédrales de demain.

Find E3/DC
Do you have
questions?